En souvenir du décès de la dame Khadija (as) : quelques réflexions sur sa noble vie
Il est rapporté que le Prophète (sawas) a dit :
« L'archange Jibril (as) est descendu et m'a dit : “Allah te dit : transmets Mes salutations à Khadija.” »
Nous pouvons dire que la personnalité de la dame Khadija (as) est l’une de celles qui ont laissé une empreinte éminente dans l’Histoire. Sa foi et son sacrifice pour l’Islam ont marqué sa noble vie. Par les actes qu’elle accomplit dans le sentier d’Allah et pour faire triompher la vérité, elle défia la société de l’ignorance dans laquelle elle vécut. Sa personnalité fut celle d’une femme combattante pour sa cause, sans jamais se montrer faible ni vaincue face aux menaces qu’elle reçut, ni renoncer à soutenir le Prophète (sawas).
Ses qualités morales
Au sein d’une société réputée corrompue à plusieurs égards, la dame Khadija (as) fut connue pour sa pureté et sa grande moralité. Elle était une femme forte, généreuse et rigoureuse. Alors que la plupart des femmes de son époque ne possédaient pas ces qualités, cela lui conféra une valeur supérieure.
Malgré sa grande richesse, elle ne céda jamais aux pressions liées à cette fortune. Elle la mit entièrement entre les mains du Prophète (sawas), afin qu’il puisse accomplir sa mission prophétique, au point qu’il (sawas) prononça sa célèbre parole dont le sens est :
« Sans l’argent de Khadija et l’épée d’Ali (as), l’Islam ne se serait pas établi. »
Son mariage
Grâce à sa richesse et à sa grande réputation au sein de sa société, elle attira l’attention de nombreux hommes qui se présentèrent pour la demander en mariage. Toutes ces demandes furent refusées, car elle ne voyait en aucun d’eux l’homme qui correspondait à ses attentes. Il est probable que ceux qui se présentaient étaient surtout désireux de s’emparer de sa fortune, sans qu’aucun d’eux ne soit digne d’être son époux.
À cette époque, le Prophète (sawas) l’aidait dans son commerce, accompagné de Mayssara. Un jour, elle demanda à ce dernier d’emmener le Prophète (sawas) lors d’un voyage en Syrie et d’observer attentivement son comportement. Lorsqu’ils revinrent de leur voyage, Mayssara lui raconta ce qu’il avait vu de la fidélité et de la véracité du Prophète (sawas).
Elle se rendit compte que celui-ci était le seul qui méritait d’être son époux. Elle demanda donc à Nafisa bint Muneya d’en discuter avec lui afin de connaître sa réponse. Nafisa lui fit cette proposition, et le Prophète (sawas), de son côté, espérait également cette union, mais sa situation économique l’empêchait de se présenter lui-même pour demander sa main.
Dès lors, elle assuma tous les frais du mariage. Cela soulève une question dans la pensée islamique : la femme a-t-elle le droit de choisir un homme pour se marier ? L’Islam, à proprement parler, n’interdit pas à la femme de choisir un homme qualifié qui serait son égal, car le critère que l’Islam établit pour le mariage est la piété et la foi.
L’incertitude concernant un mariage antérieur
Une question s’est posée au sujet de la dame Khadija : s’était-elle mariée avant son mariage avec le Prophète ? Beaucoup de nos savants affirment que son premier mariage fut avec le Prophète (sawas) et que al-Témimi et al-Makhzoumi, présentés comme ses anciens époux, n’auraient en réalité eu aucun rôle dans sa vie. Il est possible que les récits rapportant l’histoire de son mariage antérieur aient été falsifiés afin de la dévaloriser.
La foi et les défis
Dès que la dame Khadija s’engagea dans ce mariage, elle comprit qu’une grande mission l’attendait. Elle pressentit également que cette union lui apporterait de nombreux défis. Une famille qui appelle les gens à croire en Allah serait forcément visée par des complots et des intrigues destinés à faire disparaître son message.
Une femme riche comme la dame Khadija aurait pu mener une vie de luxe sans se mêler d’un conflit qui aurait pu lui coûter la vie. Mais elle choisit Allah et Son Messager, comme nous le rappelle le Coran.
Le projet de réforme a été et reste encore l’objectif de tous les prophètes. Lorsque l’homme cherche à transformer une société ignorante, Allah lui accorde les aptitudes et la volonté nécessaires pour mener à bien sa mission. La volonté de notre grande dame de réformer la société lui donna une force invincible face à tous les défis.
Maryam (as), Asia (as), Hajir (as), la mère de Moussa (as) et bien d’autres femmes encore furent des exemples de femmes endurantes, qui défièrent l’oppression et l’injustice pour accomplir leurs nobles missions.
Son décès
En l’an 10 de la Prophétie, notre noble dame rendit l’âme. Cela eut lieu durant le blocus imposé par les Qurayshites contre le Prophète (sawas), afin de le contraindre à renoncer à l’appel divin.
Son décès fut un choc, car la dame Khadija n’était pas seulement une épouse : elle représentait pour lui son plus fidèle soutien. Lorsque le Prophète (sawas) l’ensevelit dans sa chemise, Jibril (as) descendit avec un linceul apporté du Paradis.
Une vie remplie d’héroïsme et d’altruisme que l’Histoire nous rapporte, témoigne de la valeur inestimable de cette noble dame.



