La grandiose fête du parachèvement de la Religion et de l’agrément de l’Islam par Allah
Bismillâhir-Rahmânir-Rahîm
Allâhoumma çolli alâ Mouhammadin wa âli Mouhammad wa ajjil farajahoum.
Introduction
Mes chers frères et sœurs dans l’Islam,
Rendons grâce à Allah d’être parmi ceux qui ont compris que ce jour, dix-huitième du mois de Zoul-Hijja (douzième mois du calendrier hégirien), est une fête grandiose recélant d’immenses bénédictions par la volonté d’Allah, Exalté soit-Il.
Les historiens et les exégètes qualifiés, musulmans ou non, sont unanimes à reconnaître que le verset du Saint Coran annonçant le parachèvement de la Religion a été révélé à Ghadir Khoum, lors du retour du noble Prophète Mouhammad (PBDLF) vers Médine après son dernier pèlerinage.
« Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, accompli sur vous Mon bienfait et agréé pour vous l’Islam comme religion. »
(Sourate Al-Mâ’ida, verset 3)
Le parachèvement de la Religion
Selon les recherches historiques, entre 90 000 et 120 000 pèlerins furent témoins de l’événement de Ghadir Khoum.
Les spécialistes expliquent que l’agrément définitif de l’Islam par Allah est lié à l’accomplissement du commandement divin contenu dans le verset suivant :
« Ô Messager ! Transmets ce qui t’a été révélé de la part de ton Seigneur. Si tu ne le fais pas, alors tu n’auras pas communiqué Son message. Allah te protégera des gens. »
(Sourate Al-Mâ’ida, verset 67)
Pour de nombreux chercheurs, ce verset constitue l’ordre divin dont l’exécution a conduit au parachèvement de la Révélation.
L’importance du verset 67
Ce verset comporte :
- Un ordre explicite adressé au Prophète ;
- Une mise en garde sévère en cas de non-transmission ;
- Une promesse de protection divine ;
- Une conclusion rappelant que Dieu ne guide pas les mécréants.
La question fondamentale demeure :
Quel était donc ce message si essentiel que sa non-transmission aurait équivalu à l’abandon de toute la mission prophétique ?
Ghadir Khoum et la succession du Prophète
Pour l’école chiite, la réponse est claire : le Prophète Mouhammad (PBDLF) a désigné ce jour-là l’Imam Ali Ibn Abi Talib comme son successeur à la tête de la communauté musulmane.
Selon cette compréhension, l’événement de Ghadir constitue le dernier décret divin complétant l’édifice de la Religion.
L’image souvent employée est celle d’un bâtiment presque achevé auquel manquerait une seule pierre : sans cette dernière pierre, toute la construction resterait incomplète.
Les deux trésors laissés à la communauté
Parmi les enseignements les plus discutés figure le célèbre hadith des Deux Trésors (Ath-Thaqalayn).
Selon une version largement rapportée :
« Je laisse parmi vous deux trésors : le Livre de Dieu et les gens de ma Maison (Ahl al-Bayt). Ils ne se sépareront jamais jusqu’à ce qu’ils me rejoignent au Bassin. »
Cette tradition occupe une place centrale dans la pensée chiite et demeure un sujet de réflexion et de débat au sein du monde musulman.
Les Ahl al-Bayt : guides de la communauté
L’auteur souligne l’importance des Imams issus de la famille du Prophète, connus sous le nom d’Ahl al-Bayt.
Selon lui, leur rôle spirituel, leur érudition et leur exemplarité constituent un héritage fondamental de l’Islam, souvent insuffisamment mis en valeur dans certaines traditions musulmanes.
Témoignages historiques
L’historien britannique Edward Gibbon écrivait à propos de l’Imam Ali ibn Abi Talib :
« Son zèle et sa vertu n’ont jamais été dépassés. Il réunissait les qualités du poète, du soldat et du saint. »
L’auteur cite également les réflexions du savant malien Amadou Hampâté Bâ, qui considérait Ali comme « le meilleur des hommes après le Prophète ».
Kamalé et l’héritage spirituel de Ghadir
L’auteur établit un parallèle entre la célébration de Ghadir Khoum et les rassemblements spirituels organisés à Kamalé, au Mali, autour de la mémoire du Cheikh Mamadou Ly.
Ces rencontres annuelles, marquées par les prières, les invocations et les récitations coraniques, sont présentées comme un prolongement de l’esprit de Ghadir.
Conclusion
Mes chers frères et sœurs dans l’Islam,
L’événement de Ghadir Khoum demeure l’un des épisodes les plus importants de l’histoire musulmane. Pour les uns, il marque la désignation explicite de l’Imam Ali comme successeur du Prophète ; pour les autres, il constitue avant tout un moment majeur de l’ultime pèlerinage prophétique.
Quelle que soit l’approche adoptée, Ghadir reste associé au verset du parachèvement de la Religion et continue d’occuper une place centrale dans la mémoire spirituelle de millions de musulmans à travers le monde.
Amadou Diallo
Directeur de l’Agence Djannatou Ahlil Bayt (Communication et Services de l’Islam)
E-mails :
(Discours prononcé le 6 décembre 2009 à l’Institut Islamique de Hamdallaye, à Bamako, lors de la célébration de la Journée de Ghadir Khoum.)


