RAMADAN 2025 (1446 H)...Ils ont porté haut le drapeau des Ahloul Bayt (as) !

: امادو ديالو 2025-03-23 13:05

Suivre les Sahaba (compagnons du Prophète (sawas) ou suivre les Ahloul Bayt (les Imams descendant du même Sceau des Prophètes, Mouhammad ibn Abdallah) : c’est la grande équation posée aux musulmans du monde entier. Et c’est la pomme de discorde entre eux depuis plus de 1400 ans maintenant.

Le débat sur le sujet, même après 14 siècles, est toujours vif. Les arguments et les contre-arguments des uns des autres ne manquent pas, chacun s’accrochant à ses croyances avec une grande énergie. Dans le combat d’école (de chapelle), ce n’est malheureusement pas la raison qui pèse dans la balance de « qui a raison ou qui a tort », les positions sont tranchées selon les formations des prêcheurs qui se chargent de faciliter la compréhension des préceptes de l’islam aux croyants. On le voit au quotidien, singulièrement durant le mois béni du ramadan. Ensevelies durant des siècles sous les décombres de l’ignorance, combattues et dénigrées des centaines d’années durant, les croyances imâmites (chiites ou duodécimains) reprennent petit-à-petit leur droit et leur pertinence, souvent à une vitesse vertigineuse, dans des lieux où elles avaient été quasiment bannies sur la vaste terre. Cette rédemption est particulièrement constatée en Afrique où de nouvelles générations de Cheikh fort cultivés ont repris le flambeau de la cause des douze Imams descendant du Prophète Mouhammad (sawas).

Au Mal, pays de votre serviteur, la prééminence des Imam Ahoul Bayt (as) a été attestée par un grand Cheikh de la Tariqa Tidjanya, grand écrivain et traditionniste méticuleux, Amadou Hampâté Bâ, qui a officié pendant plusieurs années à l’UNESCO. Celui-ci écrivait, en effet, dans son livre « Vie et enseignements de Thierno Bokar, le sage de Bandiagara » consacré à la vie son maître coranique. En effet, parlant, mentionnant les écoles islamiques, il indiqua Ali ibn Abi Talib, cousin et gendre de Mouhammad, du mariage de qui avec Dame Fâtima (la fille du Prophète) descendirent onze autres imams, tous de la même ligné donc, qui font avec lui douze « hautes et nobles figures de l’islam particulièrement vénérées par les shi’îtes ».

 

Il faut ici rappeler que le Mali est une vieille terre d’islam, où l’islam a pénétré depuis le premier siècle de la mission prophétique. Plusieurs sources anciennes et de grands érudits à travers des siècles l’attestent. D’ailleurs, du temps colonial français jusque durant les trente années qui suivi l’indépendance des pays africains francophones, nombre de familles musulmanes dans les pays voisins du Mali envoyaient leurs enfants se former spirituellement grâce aux enseignements de l’islam à Ségou, Djenné, Dia, Mourdiah, Cette réalité s’éclaire davantage avec Tombouctou, cité musulmane par excellence, dont les universités durant les 13ème, 14ème et 15ème siècles n’étaient secondes à aucune autre dans le monde, selon ce que nous a confié au cours d’un entretien le célèbre savant malien, Professeur Diola Bagayoko, Professeur émérite de physique officiant aux USA depuis 50 ans, du reste distingué chaque année pour la qualité de ses travaux par le Président US. Tombouctou, c’est aussi la figure notoire de Ahmed Baba, savant théologien, qui a laissé un abondant héritage qui touche à de nombreuses connaissances, scientifiques en particulier.  On y ajoutera les périples théologiques d’El Hadj Oumar Foutiyyou Tall, conquérant musulman qui a étendu sa domination sur l’Afrique de l’ouest, du Sénégal en Guinée-Conakry, du Nigeria au Mali. Ségou, Sokoto, Dinguiraye et l’empire peul peulh théocratique de Hamadallaye au Mali portent encore les traces de cette épopée islamique. Tout cela, sans oublier le brouillement spirituel musulman dont Nioro, la perle du Sahel, a connu, notamment avec la figure emblématique de l’érudit d’ascendance chérifienne, Chérif Hamaoullah, déporté plusieurs fois par l’administration coloniale et qui finit par décéder en France en janvier 1943.

Bref, le Mali est une vieille terre d’islam où l’on trouve encore et toujours des trésors islamiques oubliés, mais qu’il suffit de dépoussiérer les archives pour les retrouver. C’est ainsi qu’en décembre 2012, on a appris, avec un grand étonnement, la découverte par le plus grand hasard, parmi les manuscrits de Tombouctou, un ouvrage autant exceptionnel qu’inattendu : le roman d’Alexandre Le Grand, souverain de Macédoine, mort à Babylone en 323 avant notre ère. Une découverte qui en appelle certainement d’autres, Tombouctou n’ayant toujours pas livré tous ses secrets.

 

Cheikh Mandiaye Barro

 

 

 

Cheikh Thierno Barro,frère aîné de Cheikh Mandiaye Barro et grand imam de la mosquée chiite de Kayes

 

Tout ce petit rappel pour mentionner que le Mali, vieille terre d’islam, porte forcément dans ses entrailles lalumière des Ahloul Bayt (as). C’est ce que deux éminents de notre époque ont mis en lumière durant ce mois béni de ramadan 2025. En effet, Sayed Mohamed Bayaya Haïdara dit Chouala, président de l’association HizbouRahmane vivant à Bamako (capitale du Mali), et son discipline Mandiaye Barro de la grande famille religieuse des Barro de Kayes (première région administrative du Mali), ont porté haut le drapeau des Ahloul Bayt (as). Leur action s’inscrit dans la tradition des commentaires du saint Coran durant le mois béni du ramadan, tradition qui gagne en ferveur chaque année en cette occasion. Faisant appel à une admirable érudition, en puisant dans les sources sunnites, dont singulièrement Sahih Boukhari et Sahih Mouslim, ils ont tenu en haleine les fidèles musulmans désireux de connaître la réalité de l’islam, soucieux de démêler le vrai du faux. Leurs prêches savamment argumentées ont été tant relayées sur les médias traditionnels et les réseaux sociaux qu’elles ont captivé l’attention de la jeunesse musulmane peu habituée aux croyances imâmites. Et cela a provoqué un déclic certain. Des jeunes, et même des plus âgés sur la pratique des salafo-wahhibites, sont désormais sur la voie de la recherche. Tous abandonnent la vision univoque confinant l’islam à la chapelle dont le précurseur s’appelle Mohamed ibn Abdoul Wahhab. Un pas de franchi…

Amadou Diallo 


pièces jointes

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