MAWLID NABI KAYES : LE DRAPEAU DE MOUHAMMAD WA AHLIBAYTIHI (AS) REHAUSSÉ PAR LE GRAND IMAM CHIITE À L’OCCASION DU MAWLID NABI (SAWAS)
Il s’appelle Abou Moustafa Thierno Aboubacar Barro, Éminent Cheikh à Kayes, la cité des rails, qui fut sous la colonisation française la première capitale du territoire administré sous le nom de Soudan Français, lequel prendra le nom de République du Mali le 22 septembre 1960, jour de la proclamation de son indépendance. Le Cheikh Abou Moustafa est un veritable érudit musulman qui, selon une expression forte, “une culture encyclopédique dans les différentes sciences islamiques grâce à la vue d’ensemble qu’il a sur la quasi totalité des enseignements légués par plusieurs chapelles et écoles musulmanes, des Tariqas aux Mazhab, des aspects ésotériques aux discussions philosophiques, etc. Véritable polyglotte, il parle en effet couramment les langues peul, Bambara et dialectes apparentés comme le khassonké (langue parlée à Kayes où il vit comme poisson dans l’eau. Mais les lettres dans la langue arabe affirment tous avec sincérité que c’est singulièrement dans la langue arabe qu’il excelle plus que dans les langues parlées au Mali, avec une aisance toute naturelle. Homme pieux, il n’est jamais dans les futilités et dans les balivernes : sa préoccupation majeure est l’adoration sincère du Seigneur des mondes à tous les instants et dans les moindres actes et dires. Il y a trente ans, en 1997, il eut l’immense bonheur d’être couronné comme Cheikh en Iran par l’Éminent Cheikh Ayatollah Makâim Shirazi, l’auteur de deux monumentaux Tafsir du saint Coran qui font autorité dans le monde, à savoir le Tafsir A-Amsal et le Tafsir Nafahat al-Qhour’an. Cette introduction dans la cour des dignitaires religieux par les soins d’une Sainteté comme l’Ayatollah Makârim Shirazi fut pour lui une consécration et, au-delà, une invitation à cultiver sans cesse la vertu et la piété. Depuis, il ne s’est agi pas pour lui de s’acquitter des seules obligations rituelles comme la prière, le jeûne, etc.; il sne cesse de acrifier du temps et de l’énergie aux oeuvres surérrogatoires pour non seulement faire connaître et magnifier la plus noble des familles du monde, celle du Prophète Mouhammad (sawas) et ses Ahloul Bayt (as), mais surtout pour expliquer le bien fondé de les suivre dans la pratique de l’islam, la religion agree par Allah un Jour à Ghadir Khoum, le 18 Zoul-hidja car le Sceau des Prophètes, Mouhammad ibn Abdallah, a une descendance purifiée, impecable, les Douze Imams (as) dont le premier est Ali ibn Abi Talib et le dernier Mouhammad ibn Hassan al-Qhaïm al-Mahdi (ajfs), qui sont les hautes et nobles figures de l’islam jusqu’à la fin des temps.
Le Grand Imam Barro, après la remise du turban à Cheikh Mandiaye, sous le regard joyeux de Dr. Saïd Bah et de Souleymane dit Almamy Djiré, le Stratège
Leurs enseignements, précieux et sauveurs, l’emportent sur tous les autres échafaudages pédagogiques conçus ça et là par des esprits des individus qui ne sont pas inclus dans la purification totale indiquée par Allah dans le verset bien connu du saint Coran. Ainsi, il est aisé de savourer les panégyriques en arabe que compose régulièrement Cheikh Abou Moustafa Thierno Aboucar Barro, mais on ne peut les compter toutes car il a produit au fil des ans à l’occasion de tous les évènements relatifs à la sanctifiée Famille prophétique, lors des anniversaires des jours de naissance, les jours de décès, les jours de mariage, etc. De même, très singulièrement, ses élégies à l’occasion de l’anniversaire du martyre de l’Imam al-Hussein rendent compte de l’historicité de la Tragédie de Karbala, suivie du rituel de l’Arbaeen, avec une telle intensité qu’elle arrachent des larmes aux plus avares en pleurs et en lamentations pieuses. Bref, Cheikh Abou Moustafa et au Mali et en Afrique le Poète attitré de Mouhammad (sawas) et ses Ahloul Bayt (as). Quelqu’un a dit un jour qu’il est le Farazdaq africain.
Pour permettre de comprendre davantage le geste sublime fait par Cheikh Abou Moustafa le jour de Mawlid Nabi à Kayes (cette année 1448 H- année grégorienne 2026), il faut connaître sa famille. Les Barro sont une vieille famille musulmane de Kayes; elle a généré de célèbres érudits dont le père de Cheikh Abou Moustafa. Mais les Barro ne sont pas que de Kayes, ils sont nombreux dans le Fouta du Sénégal et tous, à cheval sur les deux pays frontaliers, le Mali et le Sénégal, entretiennent des liens très forts de parenté cimentés par la religion musulmane. La boutade dit qu’un Barro est Malieno-sénégalais ou Sénégalo-malien, ce qui, au-delà de ce que l’on peut désigner comme une parentèle, est une vraie tribu. Cheikh Abou Moustafa Thierno Aboucar Barro est certainement aujourd’hui le premier imam Barro chiite dans cette partie de la sous-region oust-africaine. C’est lui qui officie de nos jours à la tête de la prière du vendredi du vieux quartier de la ville de Kayes, Kayes-Khasso, cœur battant de la cité abritant de nombreux services de l’administration et qui longe le majestueux fleuve Sénégal.
Cheikh Abou Moustafa, le Grand Imam chiite de Kayes
Cette mosquée a quelque chose de l’effet divin. En effet, désignée par beaucoup comme “Mosquée Baydi Kane” du nom de celui qui en fut le premier, l’institution religieuse est répertoriée par l’administration étatique sous le nom de “Mosquée Ali ibn Abi Talib”. Elle existe ainsi depuis au moins un siècle. Autre curiosité de la mosquée, au décès de l’Imam Beydi Kane, c’est le père de Cheikh Abou Moustafa, le Cheikh Thierno Hamid Barro, qui prend le relais jusqu’à son rappel à Dieu. Encore un mot sur l’actuel Grand Imam chiite de Kayes, Cheih Abou Moustafa. A chaque événement qui concerne la Famille prophétique, il a l’habitude de faire des cadeaux aux fidèles musulmans : dons de livres, cadeaux d’encouragement en nature, etc. Pour cette année 2026 (1448 H), à l’occasion de l’Arbaeen, il s’était rendu à Karbala avec sa mère et son frère cadet Mohamed Barro dit Mandiaye Barro, un Cheikh en maturation continue, qui draine des foules à chaque cérémonie. Là-bas, dans la cite de l’Imam al-Hussein (as), comme les pieux se reconnaissent facilement, le Grand Ayatollah Sayed Riyad al-Hakim lui offre généreusement, comme cadeau de reconnaissance, un “hamama” (le turban religieux), un acte de consécration, encore une fois, dirons-nous. Lui vint alors une inspiration divine. Il achète lui-même discrètement un autre turban destiné à saluer l’action de son jeune frère Mandiaye Barro, grand combattant dans la cause des Ahloul Bayt (as) et de plus en plus grand leader chiite. Au retour au Mali après l’Arbaeen, arrive la période du Mawlid Nabi (sawas)? Comme à l’accoutumée, Cheikh Mandiaye Barro prépare l’anniversaire de la naissance avec en train. Allah bénissant les bonnes œuvres, cette année, les festivités prennent une ampleur inédite. Le Stade Omnisport Bassy Coulibaly à Kayes-Khasso fait un plein inédit. Toutes les grandes familles de Kayes, les familles chérifiennes, la grande famille de l’érudit Thierno Oumar Kane dit Guidjilone (ainsi surnommé en reference à son village peul d’origine) considéré à Kayes comme le Cheikh des Chioukh ou le Maître des Maïtres; sa maison fait face au Stade Omnisport Bassy Coulibaly; il y a la forte présence de la Famille Sall, encore et encore, tous se sont mobilisés pour témoigner leur attachement au Prophète Mouhammad (sawas).
L'honoré Cheikh Mohamed dit Mandiaye Barro remerciant Allah
Cheikh Oumar Barro, l’aîné des Barro
Hommes, femmes, enfants, parés de leurs beaux atours viennent écouter le rappel des vertus du Prophète Mouhammad (sawas), celui qui a été envoyé par Allah aux mondes comme miséricorde. Ce n’est pas tout, l’administration de la région de Kayes est fortement représentée, à laquelle se joignent une impressionnante cohorte des élus municipaux. De Bamako, sont arrivés les jeunes leaders chiites qui sont en train d’abattre un travail formidable de sensibilisation : Dr. Saïd Bah, Cheikh Souleymane dit Almamy Djiré, Cheikh Ayoub Sangaré, etc. La cérémonie est grandiose, les anges sont certainement presents. Cheikh Abou Moustafa Thierno Aboubacar Barro, le Grand Imam chiite de Kayes, se lève, marche noblemen vers le micro et parle au nom de la grande famille Barro : il décerne à son cadet le turban acheté à Karbala. Moment de fortes émotions ! La fratrie se sent honorée, les mères écrasent des larmes de joie, l’assistance crie vers Allah en Lui demandant de verser des flots de bénédictions sur le Prophète en guise de fortification de Cheikh Mandiaye Barro dans la mission qui vient de lui être confiée. Puis, toujours au nom de la famille Barro, Cheikh Oimar Barro, grand prêcheur et non moins fils aîné de l’importante fratire (il a tout de même des grandes soeurs) replace à son tour le précieux turban sur la tête du petit-frère Mandiaye en signe de consolidation de la consécration. Moment d’apothéose ! Les gens se present, chacun voulant admirer le turban de près. Vivement le Mawlid Nabi de l’année prochaine !
De Bamako, correspondance d’Amadou Diallo


