ANNÉE 1448 H (JUIN 2026) : ÂCHOURA ET L’INTELLIGENCE HUMAINE

: Amadou Diallo 2026-06-25 19:25

Dans deux ans, en 2028 du calendrier grégorien, l’islam fêtera le 1450ème anniversaire de son avènement. Un douloureux évènement qui a eu lieu au début de sa soixante-unième (Moharram 61 H) continue d’être une pomme de discorde entre les négateurs de la vérité historique et ceux qui demeurent attachés à la vérité des faits. En ce mois de Moharram 1448 (juin 2026), partisans de la commemoration de l’Âchoura en tant qu’immense Tragédie au cours de laquelle l’Imam al-Hussein (as), deuxième  petit-fils du Prophète Mouhammad (sawas) et non moins deuxième enfant de l’Imam Ali ibn Abi Taleb et de Fâtimatouz-Zahra (As), et frère cadet de l’Imam al-Hassan (as), trouve, atrocement la mort, avec beaucoup de membres de sa famille et nombre de ses compagnons dans le desert aride de Karbala. L’historicité de la bataille perfide qui leur a coûté la vie est attestée par non seulement les sources musulmanes, en particulier par les chroniqueurs et les historiens, mais aussi aujourd’hui par toutes recherches savants, que celles-ci soient effectuées par des musulmans ou des non-musulmans.

Mais la contreverse, entamée dès l’époque par les dissimulateurs de la vérité, continue de plus bel. Alors qu’il n’y a jamais eu qu’un seul Âchoura, des plumitifs stipendiés à grands frais par des gouvernants qui ne peuvaient, de générations en générations, assumer ouvertement l’odieux assassinat de l’Imam al-Hussein (as), ont produit une abondante littérature digne du roman de fiction pour cacher la vérité, en lui juxtaposant des récits incroyables, histoire d’édulcorer cette vérité inextinguible. Aujourd’hui, des activists au sein de l’islam, formés pour continuer l’oeuvre de negation, ont pris le relais avec une virulence inouïe pour empêcher toute comprehension saine de la vérité. Une question se pose à present : est-il vrai que face à une question qui se pose depuis maintenant 1387 ans, l’intelligence des Humains n’est toujours pas parvenue à établir la vérité, à extirper l’ivraie du bon grain ? C’est en l’an 61 de l’Hégire que l’Imam al-Hussein (as), personnalité connue de tous en raison de sa filiation avec le noble Prophète Mouhammad (sawas), a été tué par des sanguinaires, avec une importante partie de sa famille et de ses compagnons. Cette histoire ne pouvait être ni méconnue, ni ignore, elle ne pouvait être que travestie. L’astuce la plus inintelligente trouvée par les négationnistes a été d’inventer une saynète mettant le Vénérable Prophète Mouhammad (sawas) face aux Juifs, de qui il aurait appris un culte et une devotion remontant au Prophète Moûssâ (as). Ce qui, à la lumière des recommandations catériques d’Allah faites à Mouhammad (sawas) dans le saint Coran, apparaît comme un blaspheme, sinon pire.

Les relations entre l’ultime Prophète député par Allah à toute la création et la communauté des Juifs sont bien connues. Elles constituent un phare qui éclaire la voie pour ceux qui veulent la vérité. À Médine, à Khaybar, le Mouhammad a bien connu les Juifs qui étaient venus s’installer là dans l’espoir que le dernier Prophète, mentionné dans leurs Livres et dit être de ces lieux, serait de leur lignée. Allah atteste d’ailleurs que les Juifs le (Mouhammad) connaissent comme ils reconnaissent leurs enfants, nous dirons aujourd’hui qu’ils le connaissaient comme les traits de la paume de leurs mains. À son arrivée à Médine en 622, le Prophète Mouhammad put donc signer une Constitution, la "Constitution de Médine" avec les tribus juives Banû Qaynuqâ, Banû Nadhîr, Banû Qurayza. Cet acte fundamental garantissait communauté (Cité-État), la liberté religieuse, la défense commune. Pendant un temps, les relations ont été  coopératives. Mais les rivalités ne tarderont pas à naître, sans doute à cause de l’amertume chez les Juifs que le dernier Prophète don’t ils avaient une connaissance parfait ne fut pas un des leurs, mais Arabe. Des tensions naîtront, ampliées au fil des jours, qui débouchèrent finalement sur des conflits qui, à leur tour, ne cesseront pas d’être exacercés. Dans les intervalles, aura lieu  les batailles de Badr, Uhud, et l’épisode du siège des coalisés "Ahzâb"; des trahisons d’alliance sont reprochées à certaines tribus juives. Le résultat de cette atmosphere en constant deterioration sera que les: Banû Qaynuqâ expulsés, puis les Banû Nadhîr et les Banû Qurayza, tous jugés selon leur propre Torah après la bataille du Fossé. On en vient au cas de Khaybar en 628. C’est une oasis que les Juifs ont habitée au nord de Médine. Là, sur la base d’un Traité, les Juifs cultivent la terre : 50% de la récolte pour la communauté musulmane. Le Prophète ﷺ a vécu et traité avec eux jusqu’à sa mort.

Il faut rappeler que la “Constitution de Médine” qui impliquait les tribus juives des Banû Qaynuqâ, Banû Nadhîr, Banû Qurayza, c’était durant les deux premières années de l’émigration du Prophète Mouhammad (sawas) à Médine, avant que les Juifs ne soient définitivement expulses durant la septième année. Puis rappeler que le Traité avec les Juifs à Khaybar, c’était en l’an 8-9 H, un an avant la mort du noble Prophète décédé en l’an 10. Alors, quelques questions simples se posent à l’intelligence humaine. Peut-on soutenir que durant tout le temps de la “Constitution de Médine” et du Traité de Khaybar, sans mentionner l’épisode relate dans le saint Coran de la Délégation des Juifs de Najran venue conclure avec Mouhammad (sawas) une entente au terme de laquelle ils acceptaient payer un impôt qui leur permet de garder leur religion, personne dans le monde musulman, à commencer par le Prophète (sawas), n’ai jamais eu connaissance du jeûne du jour de l’Âchoura ? Quand bien même que la presence des Juifs à Médine, Khaybar et Najran remonte à plus loin dans le temps ?

Il y aun problème.Ce jeûne du jour de l’Âchoura prend sa racine, essentiellement, dans les compilations de hadiths dits authentiques, le Sahih Boukhari (hadith 2004) et le  Sahih Muslim (hadith 1130). Selon ces deux ouvrages, qui ne font pas partie des plus anciens dans l’islam, quand le Prophète arrive à Médine, il voit les Juifs jeûner le 10 Moharram. Il demande "Qu’est-ce que c’est ?". Ils répondent : "C’est un grand jour. Allah y a sauvé Moïse et son peuple de Pharaon. Moïse l’a jeûné en remerciement, donc nous jeûnons".  Et le Prophète aurait dit : "Nous avons plus de droit sur Moïse que vous". Alors, il jeûna Achoura, puis ordonna de le jeûner, soit bien compris, immédiatement, à l’instant où il l’a appris.  Détail de trop dans lequel se cache le Diable, le noble Prophète aurait ajouté : "Si je vis jusqu’à l’année prochaine, je jeûnerai le 9ème jour aussi (pour me différencier avec vous) ". Mouhammad décéda avant cette année prochaine, la dixième année donc alors que depuis trois ans au moins, il n’y avait plus de Juifs ni Médine, ni à Khaybar… Autre incoherence de taille, le jeûne du jour de l’Âchoura envisage ainsi comme une devotion essentielle, n’aura pas été révélé par l’Archange Djibra’il, “le Messager fidèle, plein de force” selon Allah. C’est incidemment que Mouhammad aurait appris des Juifs un précepte qu’il introduira dans l’islam.

Maintenant, le saint Coran a-t-il parlé des relations que le Prophète, Son dernier Message, peut entretenir avec les Juifs ? Oui, le Seigneur des mondes qui l’a envoyé comme miséricorde pour les mondes, lui a recommandé, alors fermement, de ne pas imiter les Juifs". Le Coran met en garde, en effet,   contre l’imitation aveugle, le “taqlîd”, des gens du Livre sur certains points. Cette mise en garde s’éclaire par la réalité que tous les Livres révélés ont subi des alterations au fil du Temps, d’où la précaution prise par Allah d’être Lui-même le Gardien du saint Coran. Il faut donc lire les versets avec intelligence et crainte révérentielle du Seigneur.  Nous pouvons alors citer quelques versets en rapport avec notre sujet:

Sourate Al-Baqara (2 :120) :  "Ni les Juifs, ni les Chrétiens ne seront jamais satisfaits de toi (Mouhammad) jusqu’à ce que tu suives leur religion. Dis : Certes, c’est la direction d’Allah qui est la vraie direction..."  

Sourate Al-Mâ’ida (5 :77) :  "Ô gens du Livre ! N’exagérez pas dans votre religion, et ne suivez pas les passions des gens qui se sont égarés avant et qui ont égaré beaucoup de monde..."  

Sourate Al-Jâthiya (45 :18) :  "Puis Nous t’avons mis sur une voie de l’Ordre [une _shari’a_]. Suis-la donc et ne suis pas les passions de ceux qui ne savent pas"  

Plusieurs versets coraniques explicites sont à la disposition de ceux qui cherchent la vérité. Tout compte fait, il n’existe aucun récit attestant, en dehors de la contrevérité qu’est celui du Prophète (sawas) apprenant incidemment des Juifs le jeûne du jour de l’Âchoura, que les Juifs jeûnaient ce jour, le dixième du mois de Moharram. Les Juifs d’aujourd’hui ne jeûnent pas non plus Âchoura, ils jeûnent plutôt le jour de Kippour de leur calendrier. Une nouvelle imposture est en cours depuis quelques années. Elle consiste à faire coincider le jour de Kippour du calendrier juif le 10 du mois de Tishrei avec le 10 Moharram de 622 (61 H). Cet amalgam ne peut prospérer, le Tishrei juif comme Moharram sont des mois lunaires, et non point solaire pour premier. Allah dit dans la sourate An-Anbiya, verset 33 : “ Et c’est lui qui a créé la nuit et le jour, le soleil et la lune; chacun voguant dans une orbite’. 

Amadou Diallo (Bamako- République du Mali)  

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